Les chats
Je me présente.
Je m'appelle Globule ou Bubulle.
Je suis née dans le jardin d'à-côté abandonné
depuis assez longtemps pour qu'herbes et broussailles
soient aussi hautes que les murs.
J'avais quatre ou cinq frères et soeurs et j'étais bien tout contre eux
et Maman. Mais il fallait faire attention aux autres chats et bêtes de tous poils.
Tous ne nous voulaient pas que du bien et j'ai appris à me méfier.
Un jour, la boulangère de la maison voisine, agacée par les graines que font
les herbes et qui envahissaient son jardin, lasse de devoir les arracher,
a décidé de venir défricher chez nous et c'est ainsi que notre cachette fut trouvée.
Au début, elle vint nous nourrir et nous laissa tranquille mais nous restions
sauvages, ne nous laissant pas approcher.
Et puis, un jour que Maman était, comme à son habitude, partie en vadrouille,
elle fut écrasée par une voiture et ma petite vie tranquille en fut toute chamboulée.
Mély me choisit attendrie par ma boule de poils et on donna ma fratrie
à qui voulait et c'est ainsi que je grandis entourée de soins, d'attentions et de tendresse.
Je dors maintenant sur ou sous sa couette, lui colle aux basques dès qu'elle arrive
et ne me laisse pas facilement approchée par quiconque sauf au moment
des repas. Il faut que je reçoive au moins trois caresses avant que je ne décide de manger.
Lui, c'est Newton. Son histoire est encore plus triste que la mienne.
Il fut lui aussi trouvé dans un coin de jardin. Abondonné il avait triste allure.
Quand il arriva, trouvé par Tom, le boulanger ne lui donnait pas huit jours de vie.
Regardez-le maintenant, ce chat qui ne cesse de m'embêter, empiétant, volant
mon territoire et qui voudrait, en plus que je m'amuse avec lui.
L'éffronté qui mange mes croquettes, utilise ma litière, squatte ma couette ...
J'ai beau le chasser, il revient toujours et toujours, je sors mes griffes.
Va-t-il comprendre, à la fin, qu'il n'est pas le bienvenu, qu'à cause de lui je suis
toujours en guerre et que j'ai dû dire adieu à ma petite vie douillette et
sans problème ?
Je vous souhaite une meilleure journée que la mienne qui vais être
obligée de partager mon repas avec lui alors que moi, je ne touche pas au sien !








