Saison
De retour d'une promenade
où je me suis attachée
à photographier les troncs d'arbres,
attristée par la grisaille,
je me suis réfugiée
dans un livre de haïku.
Celui de Maurice Coyaud,
Fourmis sans ombre
Froid perçant. Je baise
une fleur de prunier
En rêve
Sôseki
Prunier d'hiver, tes membres
Tordus grincent. Les miens aussi
Vieux que je suis
Buson
Paix sous les pins
Ils s'interpellent
Les oiseaux aquatiques
Nisshô
Nuit de givre
Bruissement incessant
D'ailes des canards mandarins
Sôgi
Kaki mis à sécher
Sur les écrans de papier
Ombres folles du crépuscule
Jôsô
Agrippée à un brin d'herbe
Elle se fane en même temps
La mouche d'hiver
Arô
Un rameau de prunier
A la main, j'ai offert
Mes voeux
Shiki
Ces plaqueminiers me font penser
A la mine
De cette servant d'auberge à Nara
Shiki
Remarquant le prunier
de mon humble haie
l'étranger qui passe fait halte
Saigyo
Le saule
peint le vent
sans pinceau
Saryû
Les écorces aussi sont belles ...
... et si diverses ...
Peut-être ces quelques poèmes vous auront-ils
fait apprécier autrement l'hiver.
Je vous le souhaite.
A demain !













