De retour d'une promenade

où je me suis attachée

à photographier les troncs d'arbres,

attristée par la grisaille,

je me suis réfugiée

dans un livre de haïku.

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Celui de Maurice Coyaud,

Fourmis sans ombre

 

003

 

Froid perçant. Je baise

une fleur de prunier

En rêve

Sôseki

004

 

Prunier d'hiver, tes membres

Tordus grincent. Les miens aussi

Vieux que je suis

Buson

005

 

Paix sous les pins

Ils s'interpellent

Les oiseaux aquatiques

Nisshô

006

Nuit de givre

Bruissement incessant

D'ailes des canards mandarins

Sôgi

007

 

Kaki mis à sécher

Sur les écrans de papier

Ombres folles du crépuscule 

Jôsô

008

 

Agrippée à un brin d'herbe

Elle se fane en même temps

La mouche d'hiver

Arô

 

009

 

Un rameau de prunier

A la main, j'ai offert

Mes voeux

Shiki

012

Ces plaqueminiers me font penser

A la mine

De cette servant d'auberge à Nara

Shiki

020

 

Remarquant le prunier

de mon humble haie

l'étranger qui passe fait halte

Saigyo

015

 

Le saule 

peint le vent

sans pinceau

Saryû

023

 

Les écorces aussi sont belles ...

013

 

... et si diverses ...

Peut-être ces quelques poèmes vous auront-ils

fait apprécier autrement l'hiver.

Je vous le souhaite.

A demain !

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